Les "cordées de la réussite", partenariats censés favoriser l’accès des élèves de quartiers défavorisés aux études supérieures, ne bénéficient en fait pas seulement aux collèges et lycées de l’éducation prioritaire, selon une enquête de l’Observatoire des zones prioritaires (OZP).
"On ne s’y attendait pas, on a été surpris. Il y a en fait détournement du dispositif", a commenté à l’AFP Marc Douaire, président de l’OZP, association indépendante qui a réalisé l’enquête à partir des données en ligne de six académies importantes.
Pour les lycées, seuls 45 des 167 qui sont en "cordée" dans ces académies sont en territoire ou dispositif prioritaires, selon l’Observatoire. Pour les collèges, il y en a 49 sur 97 (51 %).
Pourtant, selon deux circulaires de 2009 et 2010, les établissements des cordées doivent bien relever de l’éducation prioritaire et/ou des 215 quartiers du plan "Espoir banlieues".
Les partenariats qu’ils nouent avec des établissements de l’enseignement supérieur consistent à repérer de bons élèves et leur apporter du soutien pour accéder aux classes préparatoires et, à terme, aux grandes écoles.
"Les cordées étaient une des mesures emblématiques du plan Espoir banlieues de Fadela Amara", l’ex-secrétaire d’Etat à la Ville, "et elles avaient eu une exposition médiatique favorable. Mais la réalité ne correspond pas à la communication", selon M. Douaire.
Sur les raisons de la "non-application" des textes officiels, l’OZP se demande si la volonté de trouver des élèves d’un certain niveau scolaire n’a pas joué en défaveur des établissements les plus en difficulté.
Il estime aussi que, comme d’autres dispositifs, les "cordées" relèvent d’une "politique d’excellence qui vise à extraire les élèves de milieu modeste et +méritants+ de leur environnement scolaire et social pour les aider à rejoindre l’élite scolaire", plutôt que d’une "politique de lutte contre la ségrégation scolaire et sociale qui vise à améliorer les performances de tous les élèves résidant dans ces territoires marginalisés".
Les six académies sur lesquelles porte l’étude sont Aix-Marseille, Besançon, Créteil, Lille, Nice et en partie Versailles (Val d’Oise). "Mis à part Lyon, on a l’essentiel de l’éducation prioritaire", a assuré M. Douaire.
L’objectif des ministères de l’Enseignement supérieur et de la Ville est d’atteindre 300 cordées en 2011.
Source : AFP
