SPIEN

La réforme de la formation des enseignants à l’épreuve du réel

jeudi 9 mai 2013 par SPIEN

La création des écoles supérieures du professorat et de l’éducation au sein des universités suscite des inquiétudes, notamment en raison de l’arrivée tardive des textes législatifs et réglementaires qui régissent la réforme de la formation des enseignants.

« Opacité » , « bricolages »... L’inquiétude grandit au sujet des écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE), qui doivent ouvrir leurs portes à la rentrée. En cause, l’arrivée tardive des textes législatifs et réglementaires sur la réforme de la formation des enseignants, qui oblige les universités à préparer les maquettes de formation sans connaître l’ensemble des cadrages définis au niveau ministériel. « On est très en retard, déplore Patrick Demougin, président de la CDIUFM. La réforme se met en œuvre dans une précipitation qui épuise les personnels. » Le Snesup-FSU demande un moratoire d’un an, tant l’ouverture des ESPE au 1er septembre lui semble « irréaliste ». « C’est un projet compliqué, mais positif. On est en train de reconstruire la formation des enseignants sur un champ de ruines, et ce en obligeant tous les acteurs à passer de la concurrence à la collaboration », estime Chantal Demonque, du SGEN-CFDT. Que sait-on, à quatre mois de la rentrée, des ESPE ?

Quelle formation ? Les masters « Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation » (MEEF) comprendront quatre mentions : « 1er degré », « 2nd degré », « encadrement éducatif » et « pratiques et ingénierie de la formation ». Les étudiants suivront un « tronc commun » de formation portant sur des compétences transversales - processus d’apprentissage des élèves, différenciation pédagogique, numérique... -, ainsi que des enseignements « spécialisés », disciplinaires et didactiques. Le cursus sera ponctué de stages : stages de découverte en licence, d’observation et de pratique accompagnée en master 1, en responsabilité en M 2. C’est au second semestre du M1 que les étudiants passeront le concours de recrutement. L’attribution de crédits ECTS et le volume horaire des enseignements « relèvent de l’autonomie des universités », précise-t-on au ministère de l’enseignement supérieur. Parmi les principales craintes, celle de voir les stages « déconnectés » de la formation, ou encore un M1 qui soit une année de bachotage. « Les nouveaux concours intégreront des épreuves professionnelles auxquelles les étudiants devront se préparer en M 1 », rétorque le ministère.

Quelles écoles ? Dans chaque académie une ESPE sera créée. Ces écoles sont définies comme des composantes d’une université ou d’un pôle de recherche et d’enseignement supérieur (PRES). Dans certaines académies qui comptent plusieurs universités, la question de savoir à qui sera rattachée l’ESPE n’est toujours pas tranchée. C’est le cas à Versailles, Toulouse ou Bordeaux. Reste à savoir si ces ESPE seront de vraies « écoles » ou si elles seront réduites à des « instances de coordination », comme le soutient la CDIUFM. « Il y aura un site d’ESPE, comme il y avait un site d’IUFM », assure Gilles Roussel, de la Conférence des présidents d’université. Les étudiants seront formés par des enseignants, des formateurs et des professionnels dans les ESPE et les autres UFR.

Quelle autonomie ? Quatre textes encadrent la formation des enseignants : le cahier des charges des ESPE, le référentiel métier, le cadre national des formations et les maquettes des concours. « La réforme est très cadrée », assure-t-on au ministère. Ce n’est pas l’avis des enseignants et formateurs d’IUFM du groupe « Reconstruire la formation des enseignants », qui dénoncent une forte disparité des projets selon les académies et « l’effacement du cadre national de la formation des enseignants ».

Source : La lettre de l’éducation


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