SPIEN

La cour des comptes et des préconisations qui soufflent la révolution au niveau du métier des enseignants.

lundi 27 mai 2013 par SPIEN

Dans un rapport intitulé « Gérer les enseignants autrement » paru le 22 mai, la Cour des comptes préconise une véritable révolution dans la gestion des 837 000 professeurs de France. En dix-neuf mesures, les magistrats proposent une nouvelle organisation qu’ils estiment « nécessaire » pour en finir avec une gestion anonyme qui « limite la reconnaissance de l’investissement professionnel comme la prise en compte des conditions d’enseignement ». Ils proposent que les attentes du pays vis-à-vis de ses enseignants soient précisées. Cela se matérialiserait par l’élaboration d’un cadre horaire annuel -et non plus hebdomadaire- aménagé en fonction des besoins de l’établissement dans lequel exerce l’enseignant.

Rien n’interdirait d’affecter un professeur des écoles à mi-temps au collège et vice versa. Rien n’interdirait, non plus, de permettre la bivalence (le fait d’enseigner deux disciplines) à ceux qui le souhaitent, les services étant pensés comme des réponses au besoin local des élèves. Les équipes pédagogiques et le chef d’établissement définiraient la répartition des obligations de service annualisées entre les heures d’enseignement, de soutien, la coordination des disciplines ou des niveaux au sein de l’établissement, sous la supervision d’une instance académique ou départementale. Pour la Cour, cette formule permettrait une meilleure prise en compte de toutes les fonctions qu’assure aujourd’hui un enseignant et de rendre plus attractifs les postes en zones difficiles. Tous les postes seraient « profilés ». Le rapport rappelle que le profilage ne concerne que les 6,1% d’enseignants de classes prépa et quelques postes dans les établissements « Eclair », alors que « d’autres pays appliquent ce principe de façon générale ».

Pour rapprocher la gestion du terrain, le recrutement du 2d degré se ferait au niveau académique - le concours restant national. Cette gestion des carrières au plus près des enseignants vise aussi à moduler les salaires en fonction de l’implication de chacun. La Cour, qui a fait remonter les salaires (heures supplémentaires comprises) de 270 000 enseignants de 5 académies en 2011, note que, sur 40 ans, le différentiel entre le mieux et le moins bien noté des enseignants s’élève en moyenne à 16% des salaires perçus, alors que la vraie différence se joue sur les heures supplémentaires. C’est le facteur qui explique que les salaires varient du simple au double pour les certifiés et les agrégés à partir de quinze ans d’ancienneté. La Cour propose enfin que la dotation en moyens d’enseignement dont bénéficie chaque établissement soit réellement établie en fonction de la difficulté scolaire dûment évaluée des jeunes qui y sont accueillis. En réponse, le ministre de l’éducation nationale assure que les préconisations de la Cour des comptes « pourront venir alimenter » les discussions sur le métier d’enseignant qui s’ouvriront à l’automne.

Source des informations : la lettre de l’éducation


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