SPIEN

Le Bac Pro fête ses 30 ans

mercredi 13 janvier 2016 par SPIEN

Et il a bien changé depuis 85 ! De là à dire qu’il vieillit mal… En 1985, il devait contribuer à atteindre l’objectif des 80 % d’une classe d’âge au bac et, avec le début du chômage de masse, il devait aussi retarder l’arrivée des jeunes sur le marché du travail.

A cette époque, il se faisait en 4 ans (2 ans après un B.E.P. ou un C.A.P.) Puis il y a quelques années tous les Bacs Pro sont progressivement passés en 3 ans.

Pourtant les élèves sont les mêmes, voire plus fragiles. Fini la sélection et les effectifs réduits des ex-périmentations ! 30 élèves par classe. La réduction des offres de formations et bon nombre de C.A.P. réservés en priorité aux élèves de S.E.G.P.A conduisent des élèves en Bac Pro, là où ils ne trouvent jamais vraiment leur place. Cela entraine absentéisme, incivilités de la part d’élèves déçus, las d’être mis en difficulté, saturés et souvent en mal-être.

De plus avec le Bac Pro 3 ans, les élèves arrivent en sortant de 3ème. Ils sont jeunes, très jeunes et même trop jeunes. Certains obtiennent un diplôme d’insertion à 17 ans. En seconde, ils sont trop jeunes pour pouvoir utiliser certaines machines dangereuses par exemple. Le placement en P.F.M.P. est difficile dans certaines filières et l’insertion professionnelle également.

En Bac Pro ASSP, on voit des élèves de 15 ou 16 ans effectuant leur période de stage en maison de retraite, confrontés à la mort, à la dépendance, réalisant des toilettes. En Bac Pro CSTR, conduite routière, les élèves passent leurs journées sur la route dans un camion, à observer le chauffeur car évidemment ils ne peuvent pas conduire.

En Bac Pro SPVL, services de proximité et vie locale, comment demander à des adolescents de faire de la gestion de conflit auprès d’adultes, ou d’adolescents du même âge ? Avec leur bac, les mêmes élèves de Bac ASSP, option domicile ou conducteur routier sont bloqués parce que trop jeunes pour avoir le permis de conduire.

Les demandes de prolongation de scolarité sont alors relativement importantes, 33,5 % font des vœux en admission Post Bac. Cela semble positif, on donne de l’ambition à ces élèves… Mais leurs chances de réussite sont limitées. Le niveau du Bac Pro est en décalage avec les exigences du B.T.S.

Les élèves de Bac Pro, du fait des PFMP, ont 22 semaines de cours en moins par rapport aux élèves de l’enseignement général. Les élèves de lycée professionnel n’ont pas d’habitudes de travail. En Bac Pro le travail personnel demandé aux élèves est rarement fait et souvent superficiel. Alors comment faire face en étude supérieure, dans les mêmes classes que des élèves venant de la filière générale ou technologique ?

Fêtons les 30 ans de ce Bac, avec un taux de réussite en baisse comme cerise sur le gâteau, conséquence d’un niveau scolaire insuffisant. Mais ce n’est pas ce que vous entendrez, on vous dira que l’image des L.P et de la voie professionnelle est meilleure pour les familles. C’est peut-être vrai au moment de l’orientation, en fin de troisième et encore, bon nombre préfèrent la filière générale, quitte à échouer en seconde et à nous revenir en première en « passerelle » pour un Bac Pro en 2 ans… Qui dit mieux ?

(Source FAEN N°9 janvier 2016)


Accueil du site | Contact | Plan du site | | Statistiques | visites : 166585

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Actualités /Agenda   ?

Site réalisé avec SPIP 2.0.10 + AHUNTSIC

Creative Commons License

Visiteurs connectés : 47