SPIEN

Amende de 800 euros requise contre le professeur qui avait giflé un élève.

mercredi 25 juin 2008 par SPIEN - Matulik / Terver

Une amende de 800 euros a été requise mercredi devant le tribunal correctionnel d’Avesnes-sur-Helpe (Nord) à l’encontre d’un professeur de Berlaimont (Nord), jugé pour avoir giflé un élève de 11 ans qui l’avait traité de "connard".

José Laboureur, 49 ans, professeur de technologie au collège Gilles-de-Chin, comparaissait pour "violences aggravées". Il encourt 5 ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende.

Le jugement a été mis en délibéré au 13 août.

L’affaire, qui avait éclaté après le dépôt de plainte du père de l’adolescent, un gendarme, et le placement en garde à vue du professeur pendant 24 heures, avait suscité de nombreuses réactions.

Le 28 janvier en plein cours, l’enseignant avait jeté à terre les affaires de l’élève de 6e qui refusait de les enlever d’une table, puis avait plaqué le mineur à un mur. Ce dernier avait alors traité de "connard" le professeur, qui l’avait giflé en retour, puis à nouveau plaqué au mur.

"Ce n’est pas une gifle, c’est une scène de violence. Au-delà de ces violences, il y a une volonté d’humiliation", a estimé dans son réquisitoire le procureur de la République d’Avesnes-sur-Helpe, Bernard Beffy.

"Les autres moyens à votre disposition pour rétablir votre autorité, vous n’avez pas cherché à les utiliser", a-t-il accusé.

Reprochant au professeur un caractère "impulsif", il a rappelé que le collège "ne présentait pas de problèmes de discipline" et que l’enfant n’était pas un élève difficile.

M. Laboureur n’a pas repris les cours depuis l’incident. D’une stature imposante, il est toutefois apparu affaibli à la barre, victime récemment d’une chute dans un escalier.

Il a expliqué avoir plaqué au mur l’élève car il s’était "moqué" de lui en soupirant. Puis est venue l’insulte, et "dans la seconde je l’ai giflé", a-t-il dit.

"J’ai réagi en père de famille. C’est comme si un fils insulte son père. Je n’avais jamais mis de claque avant. En 29 ans de carrière, je n’avais jamais non plus été insulté", a expliqué le professeur, bien noté.

Il a reconnu "se soigner" pour des problèmes de consommation d’alcool, mais a nié avoir bu le matin de l’incident.

Ses avocats, qui ont plaidé la relaxe, ont fait valoir que la jurisprudence avait reconnu "un droit de correction" quand l’enseignant a épuisé tout les recours pour rétablir son autorité.

"Près de huit enseignants chaque jour sont l’objet de violence et d’incivilités. M. Laboureur est de ceux-là", a conclu Me Francis Lec.

Une pétition de soutien au professeur, lancée par le Snalc-CSEN, a recueilli 26.000 signatures, selon le syndicat, et une dizaine d’enseignants sont venus au tribunal soutenir leur collègue. Ils l’ont applaudi à sa sortie de l’audience.

Le procureur a, lui, rejeté l’idée qu’on faisait le procès d’une école dégradée. "Vous n’avez pas les épaules assez larges pour endosser le rôle de héros de la cause enseignante", a-t-il lancé à l’adresse du prévenu.

Ni l’élève —qui a changé d’établissement— ni ses parents n’étaient présents au procès.

Le professeur de technologie avait d’abord accepté la procédure de "plaider-coupable" avant d’y renoncer.

Source : AFP


Accueil du site | Contact | Plan du site | | Statistiques | visites : 160422

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Actualités /Agenda   ?

Site réalisé avec SPIP 2.0.10 + AHUNTSIC

Creative Commons License

Visiteurs connectés : 39