SPIEN

Chômage des jeunes : Sarkozy pare au plus pressé.

samedi 25 avril 2009 par SPIEN - Matulik / Terver

Le chef de l’Etat, en décidant un transfert massif d’argent public vers les employeurs formant des 16-25 ans en alternance, a misé sur un dispositif éprouvé et a paré au plus pressé, sans rompre avec une politique de l’emploi fondée principalement sur la baisse du coût du travail.

Accueilli avec "beaucoup d’intérêt" par l’artisanat, numéro un de l’apprentissage, et approuvé "sans réserve" par le Medef, le plan présidentiel a déçu l’opposition et les syndicats qui, au vu de la crise et des mutations économiques, espéraient plus qu’une "réponse conjoncturelle" (CFDT).

"Peut mieux faire", a regretté FO. Attention à bien "conditionner ces aides supplémentaires à la pérennisation des contrats" sinon elles "seraient accordées à fonds perdus", ont dit la CGT et la CFDT.

"Tours de passe-passe", a accusé Martine Aubry (PS). "Nouvelle série de cadeaux aux entreprises", s’est agacé le PCF, pour qui le gouvernement entretient le cercle vicieux de la crise (faible salaire = faible consommation), les contrats en alternance étant faiblement rémunérés.

Où est passé le revenu d’autonomie pour les 18-25 ans ?, ont interrogé les Verts, avec l’Unef et le collectif Génération Précaire, ces derniers pourtant pas mécontents d’engranger l’annonce d’une rétribution des stages de deux mois.

"Je ne suis pas venu vous promettre des indemnités chômage... je suis venu vous dire que l’on va s’engager pour que vous ayez une formation et un emploi", s’était auparavant défendu Nicolas Sarkozy face à des jeunes rencontrés, symboliquement, au campus maison du géant économique Veolia.

"Qu’on me comprenne bien", a-t-il insisté, "je ne veux pas que l’argent public serve à financer du chômage", "je préfère de beaucoup le mobiliser pour l’investir dans la formation plutôt que dans l’assistanat social".

Au total, 1,3 milliard d’euros seront débloqués, dont 40% aux entreprises recrutant des apprentis et en contrat de professionnalisation.

Parlant d’"effort massif", d’objectif "très ambitieux" alors que le nombre de ces contrats chute de 25% depuis janvier, M. Sarkozy s’est vanté de ne "pas (avoir) besoin d’inventer autre chose".

En temps normal, l’alternance donne effectivement d’excellents résultats, saluées en 2007 par la Cour des comptes. Elle permet à un jeune d’apprendre un métier un pied en entreprise, l’autre en centre de formation, tout en gagnant déjà un peu d’argent.

Problème, selon l’Unef : rien ne dit que cela marchera si ces contrats sont dévoyés de leur objectif (la formation) et utilisés pour faire des jeunes une main d’oeuvre bon marché, à l’image du Smic-jeune avorté sous Balladur.

"Il y avait besoin d’une rupture avec cette idée que les jeunes sont une charge et des sous-salariés", a déploré le premier syndicat étudiant.

Et tandis que le chef de l’Etat s’est félicité d’annoncer "zéro charges" pour l’embauche des apprentis et "une prise en charge intégrale du coût du travail pour tout jeune apprenti", les syndicats ont refait les comptes.

Après les heures supplémentaires exonérées, l’embauche sans cotisation dans les très petites entreprises depuis mi-décembre, le gouvernement ajoute "un peu plus aux difficultés de financement de la protection sociale" (FO).

Les jeunes auraient dû profiter du retournement démographique et des nombreux départs en retraite mais subissent une flambée sans précédent, depuis 1994, du chômage (+32% en un an de jeunes inscrits à Pôle Emploi fin février, contre +19% en moyenne).

Avec 600.000 jeunes sortant du système scolaire cet été, la rentrée de septembre s’annonce celle de tous les dangers.

Source : AFP


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